satel ARGENTINE - CHILI
 
Avril-Mai-Juin 2006
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itinéraire 



Rapa Nui - (Ile de Pâques) du 2 au 9 mai
Petit journal illustré
Mardi 2 mai
Lever 4h du matin pour un départ à 8h30 qui se concrétise à 10h, Brouillard épais sur Santiago. Départ pour 4h30 de vol avec Lan Chile, à mi-parcours, le pilote signale que nous retournons sur Santiago car l'avion ne peut atterrir sur Rapa Nui suite à des conditions météo très mauvaises. Notre première nuit à Rapa Nui se passera donc à l'hotel Sheratoon. Cette situation permet plusieurs rencontres avec des chiliens et d'autres voyageurs autour du généreux buffet offert par Lan Chile.




Mercredi:
Copie conforme du mardi jusqu'à 12h environ, puis le bord de l'île apparait et l'atterrissage rapide nous fait reculer le temps de deux heures encore...Joyeux tumulte dans le hall d'arrivée, colliers de fleurs, bagages, comptoirs des hébergements, ici tout se mélange, Nous optons pour Elvira et son hospedaje Apina Tupuna avec belle vue sur la mer, c'est vrai.
Quelle île !! Notre première ballade rencontre sur 1 km les Moaïs bien sur, les célèbres statues, mais aussi un appareil pour anesthésie posé sur la plage, un clip vidéo en cours de tournage, un joueur de flûte andine, un groupe de musiciens célèbre au Chili  ( les Jivas ), un guarda parque rigolo, une école d'instruments à cordes qui répète en plein air et un groupe de musique polynésienne avec ses danseurs qui nous qttend qu retour à la pension d'Elvira. Ses enfants...ils sont nombreux...préparent l'arrivée prochaine de la Présidente du Chili, Michèle Bachelet !!
Que de surprises en 4 heures ...
Jeudi:
9h, nous louons une cacahuète 4/4 Suzuki avec Sabine et Laurent rencontrés dans l'avion, et en avant pour le tour de l'ile.
890 moaïs sont disséminés le long de la côte, debouts, tombés, inachevés, tournant le dos à la mer, encore soudés au rocher pour ceux de la carrière Rano Raruku. Etonnants paysages à l'océan omniprésent, ce jour là aux vagues énormes...étonnantes statues rongées par le sel et les lichens, issues de roches volcaniques constituées par les trois volcans de l'île, poussés des sols marins il y a plusieurs millions d'années.
Etonnants paysages de collines arrondies bien vertes car c'est la saison des pluies, parsemées de moaïs, de chevaux demi-sauvages, replantées d'eucalyptus australiens odorants ou de cocotiers venus de Tahiti.
Deux petites plages de sable, les seules de l'île, émergent de ces roches volcaniques noirs au bord de l'eau turquoise.
A mi-parcours, la pluie nous prend et c'est tout à coup l'irlande qui apparait...
Rapa Nui, 4000 km, Tahiti, 3700 km la còte du Chili, au dessus les étoiles, au dessous le magma, tout autour le Pacifique...
Vendredi:
8h - Elvira nous raconte l'identité Rapa Nui, sa famille, ses enfants, en France, à Tahiti. Surgit un authentique représentant de la culture locale, gardien de l'île tel qu'il se présente, grand géant barbu et chevelu, plumes sur la tête et  javelot en main. ici c'est l'effervescence, M. Bachelet arrive ce matin et la fañille d'Elvira participe à l'accueil à l'aéroport. des hommes nus, seulement vêtus de plumes passent devant nous et grimpent dans un taxi Toyota...
Question: qu'allez-vous dire à Bachelet ?
Réponse: qu'elle reparte vite d'où elle vient !!
Le ton est donné, ici ce n'est pas le Chili ni l'île de Paques mais Rapa Nui...Hanga roa, village de 4000 habitants dont la moitié seulement est originaire de l'île, seulement eux fois plus que les statues moaïs ! Il faut ajouter 2 ou 300 immigrés vivant hors del'île et on a fait le tour...
Alors, on percoit l'histoire forte, les bateaux hollandais, francais, anglais, péruviens puis chiliens qui ont tué, saccagé, pillé, évangélisé, déporté, esclavagé, volé...M.Bachelet ramène avec elle les cendres symboliques du dernier roi Siméon Riro Kainga, empoisonné - nous dit elvira -  par les chiliens en 1888, lors de la signature d'un traité de coopération transformé alors en traité d'annexion...
La France non plus n'est pas loin. Elvira (60 ans) demande actuellement la nationalité francaise pour sa famille, son grand père est venu de Tahiti...Nous découvrons que le francais est ici, parlé et écrit, que des francais sont installés sur l'île, que des Rapa Nuis sont installés en France, que , pour cette famille au moins, on pourrait être en France, on se sent plus polynésien que chilien...
Au sud le pôle, au nord le Japon, tout autour le Pacifique, 32 km de base et 17 km de hauteur pour ce triangle vaguement isocèle formé par les 3 volcans dont le plus haut culmine à 507 m.
11 heures: le musée
très intéressant, une traduction complète en francais permet de bien comprendre la chronologie et l'organisation des lignages, la décadence du culte des moaïs et la naissance du culte de l'homme oiseau, étouffé dans l'oeuf par les missionnaires catholiques 200 ans seulement après son apparition. On voit bien également le travail des ethnologues pour expliquer les moaïs, la taille, le transport, les ahus, plate formes de cérémonies en bord de mer près des villages disparus.
Beaucoup de moaïs sont tombés au cours des guerres claniques, quelques uns ont été remomtés et restaurés, tous ont envahis de lichens, Ils tournent le dos à la mer sauf  ceux qui symbolisent les 7 premiers arrivés dans l'île envoyés de Tahiti par le roi Hotu Motu fondateur de la culture Rapa Nuis et  qui regardent au large.
Un seul a des yeux et un seul est assis, un seul est féminin parmi les vestiges mis à jour actuellement, mais peu de fouilles ont été réalisées sur l'île, ce qui explique peut-être le mystère entourant encore cette culture insulaire...
Mais le musèe ne parle ni de planètes ni du cosmos.
la présentation bien chàpitrée nous permet de commencer à comprendre la signification des pierres taillées ou non qui nous font trébucher à chaque pas.
15 heures, belle ballade au bord de la falaise pour revenir vers le village où nous croisons les préparatifs du concert en plein air de ce soir. La mer est calme, le ciel presque pur, l'herbe très verte. On commence à comprendre la place de chaque chose en examinant d'un peu haut le site bien conservé de l' ahu Tahaï.




19 heures, spectacle à la pension d'Elvira. Le groupe de musique et dqnse rapa Nui formé pqr les fils de notre logeuse se produit devant nous et (surtout) pour la caméra d'une télé australienne. Danses guerrières des corps nus emplumés et peints, plus lascives pour les filles enguirlandées. Une bonne entrée en matière pour le concert qui va suivre.














22 heures:
Jaivas, groupe chilien très ancien, formé il y a 40 et exilé en France lors de la dictature, groupe très connu ici, très populaire. Il se produit pour la première fois sur l`île et devant M.Bachelet dont c'est la première visite en Président.
( On nous dit aussi que c'est la première fois qu'un président chilien vient sur l'île...)
C'est dire l'importance de cette soirée pour les gens qui nous entourent. Le concert est gratuit, tous les habitants sont là sans exception, 4000 personnes plus qulques ministres, les touristes du jour, la marine avec sa "banda de cuivres", le groupe Aka kari très cél`bre dans l'île, l'orchestre de chambre des jeunes du village.
Grand concert, grande soirée gaie et émouvante, Tous autour de nous chantent et connaissent toutes les chansons, jeunes, vieux, enfants, c'est une belle euphorie collective.
Pablo Néruda, la liberté et plus...les poupons de la marine jouent des maracas aux côté des Rapa Nuis emplumés accompagnant la flûte des andes et la corne péruvienne...du Machu Pichu à l'île de Pâques, de Santiago à paris...les exilés d'hier embrassent les soldats de la marine chilienne, on force surement un peu le trait pour une réconciliation nationale qui reste encore à faire... nous ne comprennons pas tout mais on sent le vent de l'histoire passer sur nos têtes.
2 heures du matin: plus rien à manger nulle part, sauf des barbes à papa...Fanou craque et se résigne...
Samedi:
La fatigue de la veille nous tient au lit et nous zappons la matinée, la cérémonie officielle et le repas champêtre.
10 h, tentative de ballade à Orongo le site de l'homme oiseau, mais la pluie nous chasse.
12 h, thon grillé et salade à la terrasse de ce petit restaurant de la Caleta Ataranga Hango après un passage à la grotte Ana koï.
17 h, après le grain de début d'après midi, le soleil revient et nous en profitons pour faire une ballade à la cantera des Pukaos, la carrière des chapeaux, ces étranges sombreros sculptés dans la lave rouge. Là-haut traînent encore ces grosses meules abandonnées là on ne sait trop pour quoi; eles étaient hissées sur la tête des statues puis terminées in situ.
Dimanche:
8 heures, il pleut. C'est la saison des pluies sur Rapa Nui. de l'eau partout. Océan et ciel se rejoignent dans un gris mouillé et sombre. La tête d'épingle disparait sous les nuages. plus d'horizon, plus de vertes collines. Morne journée en perspective.
9 h, messe polynésienne orchestrée par le père local. Chants et musique sous le regard acéré des yeux de Moaïs sculptés en forme de saints chrétiens, et sous les ailes déployées de l'homme oiseau. Une heure d'animisme catholique dans cette église blanche à la facade décorée des pétroglyphes et des symboles locaux...cette religion présente un fort pouvoir d'absorption...
11h, marché artisanal, des moaïs à la pelle et autres ñamas-ñamas, du déjà vu, un jour de pluie, bonne affaire pour les vendeurs !
15h, le  Moaï d'Argentine est revenu !!
Un tracteur de carnaval l'amène sur une remorque décorée de fleurs, chapeau posé près de lui. On le descend au transpalette...Une partie (seulement) de la comunauté rapa Nui est là, discours, musique suivi par un "curante", repas chapêtre gratuit, de la viande de boeuf et des patates douces servies dans une feuille de caouchouc. On est prié d'amener son vin et son parapluie !!
17h, il pleut, rideau...
Lundi:
8h, le soleil est là ! vite Elvira, un "coche de alquiler" et nous voilà partis pour un tour de l'île à la poursuite de l'homme oiseau sur le site du volca d'Orongo. celui qui attrappait le premier oeuf de sterne sur le grand îlot, était le patron de toutes les familles pour un an, mais pauvre de lui, on le cloîtait dans le volcan Rahu Rariki avec jeune et abstinence obligatoire pour l'année !!..les méchants !!
12h.
15 moaïs de 5 ou 6 m de haut alignés au bord de l'eau sur leur ahu (plateforme), c¡est assez impressionnant et très imposant. C'est le site de l'ahu Tongariki, le plus grand de l'île et le plus restauré. les moaïs de plusieurs mètres renversés par un tsunami en 1960 ont éte remontés et restaurés...une merveille.
14h
Pique nique sur la petite plage de sable blanc sous les rochers de Ovahe. Les courants sont trop forts et on ne peut pas se baigner, mais nous sommes seuls pour admirer la jolie baie La Pérouse (et oui...) en croquant notre jambon fromage.
15h
La plage blanche de Anakena nous accueille et un petit bain dans les eaux de cette crique de Pacifique, nous ravit. Il y a seulement deux plages de sable sur Rapa Nui, et celle-ci est donc très prisée en saison. Pour l'heure, peu de monde et nous en profitons. Petites vagues, eau transparente, cocotiers importés de Tahiti, moaïs garantis d'origine qui nous tournent le dos, sable blanc et propre, petite brise et ciel bleu (presque).
17h
Re-passage à Tonga Riki pour voir les grands moaís sous le soleil couchant et découvrir les grands pétroglyphes sur les pierres du site: homme oiseau, poissons, pirogues, tortues...
Le retour dans la petite suzuki se termine sous la pluie.
Belle journée.
21h
Casse croûte devant une cabane à frites tenue par Betty qui parle un très bon francais suite à un séjour de 10 ans à Toulon, dont on n'a pas su la raison. Rapa Nui, elle parle de l'importance de ces jours derniers pour les habitants de l'île. Bachelet, la marine, Pinochet, le maire de l'île, les touristes, l'école, l'énergie, les déchets, l'hôpital, autant de questions qui préoccupent les habitants. Un processus d'autonomie administrative est en cours, qui doit faire de l'île une "région" liée directement à l'état central. Une région de 3500 habitants dont 2000 à peine sont Rapa Nuis...On sent une fois de plus de gros antagonismes entre les natifs et les chiliens...
Et les touristes ? Ils sont nombreux, 50 000 cette année pour une haute saison de 4 mois, 5000 en 1996... Il faudra limiter les entrées en faisant payer l'accès à l'île. Les références ici sont Tahitis, Fidjis, Galapagos...Pas de grands hôtels mais des achats de services depuis l'étranger, tout compris, un accueil très cadré, des packs complets achetés chez des tourneurs internationaux...et surtout pas de sacs à dos qui se payent l'avion et viennent camper sur l'île. Celà ne crée que des nuisances et ne nous rapporte rien, c'est seulement Lan Chile qui s'enrichit !! Adieu les petits anglais tour du monde, il faudra trouver une autre hate pour poser votre tente !
Merci betty pour ce riche bavardage que nous aurions aimé rencontrer plus tôt.
Mardi 9 mai
Retour sur le continent.
11h, après un dernier petit tour au bord du pacifique, enregistrement et embarquement, ce soir nous dormons à Valparaíso pour débuter une nouvelle partie du voyage.
On est à mi-course !
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